21.06.2010

EXPO - L'Art au Secours de l'Habitat

Une exposition d'oeuvres d'artistes bruxellois au profit de l'asbl Convivence-Samenleven.

 

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Gare Bruxelles Congrès, Bld Pacheco n° 25 à 1000 Bruxelles

Les 4, 5 & 6 Juin

>> voir article Le Soir 

20.06.2010

Exposition "LIQUIDATION TOTALE" Du 13 au 30 avril 2010

En collaboration avec le Collectif

[SkyZo|ab Au FonD dU CouLoir à gAuche]

[Claudio Cavinato, ChandL] + Yvonne Cattier, Jean Pattoux & Isabelle Cano

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...Notre environnement est mis à mal? Skyzolab se charge de ne rien changer!... Mais tentera, par pur égocentrisme, de répondre à ces bêêêtes questions que l’on se pose concernant la dioxine et autres compagnons de route. N’ayez pas peur des réponses, elles seront rarement plus censées que nos interrogations.
Présence indispensable à une Provok-Expo légère à l’accent grave...
Entre Bio et Dio, nos coeurs battront encore et toujours... jusqu’au bout, rien que pour supporter nos sourires.

08.03.2010

BIOGRAPHIE

 

« L’enfant se pare de grimaces et protégé par ses pitreries, se réfugie derrière le masque du Silence et observe muet le monde à sa portée… »

De 1960 à 1963: Bruxelles

Avant des études de peinture monumentale à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, je bénéficiais d’un enseignement très complet dans une école d’art appliqué.

L’un de nos professeurs nous encourageait dans des recherches de compositions des grands maîtres, de la Renaissance et de l’époque Baroque. Il nous faisait découvrir les lois du nombre d’or, ce qui nous passionnait.

Du Titien à Poussin, de Rubens à Rembrandt nous découvrions les lignes de force qui structurent l’espace pictural.

Chaque matin était consacré à l’étude de deux nus, de détails de mains, de pieds et aux dessins d’après les plâtres antiques. Nous apprenions les secrets de l’aquarelle, de la peinture à l’huile, de la détrempe, de l’émulsion à l’œuf.

Toutes ces matières intégrées à force d’être répétées inlassablement resteront un bagage inaltérable.

Cette école nous formait en trois ans dans les disciplines de notre choix. J’optais pour des études d’illustration, ce qui rejoignait mon goût pour la lecture.

Les cours étaient dispensés par des artistes tous engagés professionnellement dans les disciplines qu’ils nous enseignaient. Mais aucun d’eux ne nous parlait ni d’Art Brut, ni des courants surréalistes de l’après-guerre.

Au terme de ces études j’avais 19 ans. Grâce aux conseils de ce professeur féru en analyse de composition, je choisi de compléter ma formation et pris une toute autre voie : la peinture de grands formats, l’art mural.

Ces deux formations correspondaient chez moi à deux tendances.

L’un est de « tout exprimer dans un petit espace en relation avec la littérature.

L’autre tendance est de peindre rapidement en créant des œuvres de grands formats dynamiques et lyriques.


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 L’été 1964: Paris

Je découvre à Paris lors d’un premier passage à l’atelier Lacourière et Frélaut, la rigueur qui entoure la technique de la gravure sur cuivre.

D’emblée, cette technique de tradition avec ces règles strictes me permet de découvrir le travail de collaboration entre artistes et artisans dans un climat d’authentique respect pour le métier de graveur et d’imprimeur.

Presque tous les artistes qui marquèrent le siècle étaient des habitués de l’atelier. Là haut, sur la butte Monmartre régnait une atmosphère exceptionnelle. A 20 ans, parmi eux, j’eu la chance de vivre des moments de pures créations.

Par la suite, lors de mes fréquents séjours à Paris, je gravais sur des cuivres de petits formats, à l’inverse des artistes présents à qui les éditeurs commandaient des formats impressionnants. Ce qui chez l’un d’eux provoqua cette réflexion : « Elle a de la chance ! En gravure on peut tout dire sur une petite surface, voyez Rembrandt ! Il n’avait pas besoin de grand-chose pour créer un monde ! »

A l’atelier Lacourière et Frélaut, le rituel était de fêter les moments forts – un bon à tirer, la fin d’un tirage, une plaque qui tombe par terre, tout était prétexte à se réjouir.

Parmi eux, je me sentais faire partie d’un microcosme de société idéal où les uns et les autres apportaient les compétences utiles à l’œuvre en cours.

A cette époque, la collection d’Art Brut de Dubuffet fut pour moi une découverte capitale. Exposée temporairement au Musée des Arts décoratifs à Paris, je pouvais confronter l’expression de pure nécessité des psychotiques avec celles des artistes conscients de leurs créations.

Chacun mû par le besoin impérieux de créer. Parfois leurs expressions se rejoignaient et pouvaient se confondre. Mon travail tout aussi vital était en pleine évolution et se nourrissait de ces multiples rencontres.

L’Art Brut m’apprend qu’une bonne part d’inconscient guide déjà mon travail. Il s’en dégage une expression libérée de toute contrainte formelle et volontariste.

Le bagage de l’enseignement académique basé sur l’observation puis l’interprétation du réel fera partie de « l’aventure picturale ». Il sera « du voyage », comme un outil à l’expression, non une fin en soi et certainement pas la démonstration d’un acquis technique, ni d’en talent quelconque car il s’agit bien d’une aventure incontournable que celle d’une vie vouée à la création et d’une immersion entre réel et imaginaire.

 

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Dès 1964:

En gravure j’osais m’aventurer dans les mondes intérieurs, nourrie par des œuvres littéraires comme d’autres le furent par des récits mythologiques.

Boris Vian, les romancières anglaises du début du siècle dernier, Dostoïevski, Tchékhov, Gorki, etc… Les méandres de l’âme russe me donnaient le droit de vagabonder dans les zones irrationnelles des sentiments. L’expression inquiète d’un romancier me rassurait.

Graver dans le cuivre, dessiner sur papier ou brosser à l’huile avec une palette aux dominantes sombres attestaient dans mon travail de l’influence des expressionnistes flamands. L’inspiration en était le monde rural, les animaux domestiques, le changement des saisons, etc… Les espaces assombris révélaient beaucoup d’angoisses, beaucoup de questionnements, pas assez de réponses, des choix à faire laissés en suspens.


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La Tunisie

Ensuite, deux années passées en Tunisie m’ont donné l’envie de tout connaître de ce pays écrasé de soleil huit mois par an, baigné dans une lumière omniprésente.

Les habituelles introspections s’estompent. Je devais tout apprendre d’une culture tellement différente de la notre par biens des aspects.

Les couleurs prennent la place des demi-teintes et les fonds s’éclaircissent. Parfois même la toile blanche reste visible.

Les formes s’ouvrent lyriques, influencées par les tissages et les broderies.

Les espaces cloisonnés disposent en alternance les couleurs pures entourées de tons rompus. Ils rappellent les Kilims vus dans les souks pour « le plaisir des yeux » comme disent les Maghrébins.

Le port vestimentaire, la démarche des passants, chez les femmes les gestes des mains jointes à la parole ont quelque chose de théâtral à mes yeux d’Occidentale.

Les vêtements longs des hommes et des femmes rappellent les tenues des temps bibliques. Et quinze ans après, je retrouverai sur la scène du théâtre Jean Vilar la même ampleur expressive des comédiens, mainte fois immortalisée dans mes croquis de scène pris sur le vif.

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Le retour en Belgique n’a pas modifié l’utilisation d’une palette très colorée. Au contraire, le lyrisme des plans fuyants et les objets lancés dans l’espace gardent jusqu’en 1980 l’empreinte de la lumière et l’influence de la culture maghrébine.

L’année 1981 est marquée par la longue maladie de mon père et 1984 par un grave accident.

Ces bouleversements et une convalescence prolongée ont aiguisé mon attention sur « les petites choses du quotidien ».

Retrouver progressivement la santé exigeait une grande concentration. A chaque fois que je récupérais des forces, c’était une nouvelle victoire. Les conséquences de cet accident ont modifié l’ordre des priorités que je me suis données dans la vie.

 

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Les Rouleaux

Après cette période d’immobilité forcée, j’ai peint sur des rouleaux de papier longs de septante-cinq mètre et hauts d’un mètre cinquante


Le premier rouleau montre une succession de petites scènes, des espaces de vie habités par des objets, des animaux domestiques et des gens attablés…Puis un départ et un retour…

La technique employée est le lavis rehaussé d’aquarelle. Il fut exécuté en un mois.

Le travail élaboré par portion se présente tel le déroulement d’une bobine de film géante. Le déroulement manuel du début à la fin dure environ vingt minutes.

Contrairement au lyrisme de l’expression antérieure, ici tout est dense et sombre sauf la séquence de départ, en pleine lumière.

Les trois rouleaux suivant expriment le voyage, la fluidité de l’eau, la tempête, les éclaircies, etc…

Le rouleau intitulé « Le voyage sur l’eau » est inspiré d’une rencontre et d’un récit.


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Les Ânes pressés!

A cette même époque, j’exécute sur toile des ânes peints sur deux faces. Ils sont détourés et ont six à huit pattes tant ils sont pressés !

Ne pas perdre de temps après une si longue convalescence ?

Les grands espaces paysagés peints à cette époque sont tous exécutés sur papier d’emballage en provenance de Tunisie.

Depuis 1984, que ce soit les supports, les techniques ou les thèmes de travail, tout est en rapport avec les lieux, des personnes, des évènements socio-politiques marquants.

Seule la représentation de l’âne est apparue depuis l’enfance, depuis que je dessine. Elle n’est pas sans être influencé avec « Vue sur les toits de Boitsfort » de Rik Wouters, tableau grâce auquel je pouvais voyager en pensée pendant des déjeuners interminables chez ma grand-mère. Un âne esquissé dans le bas de la toile a peut-être été un compagnon de flânerie hors des contraintes familiales.

Je peins rapidement. Exécution sans retouches. Les accents colorés ponctuent l’espace qui font dire à certains qu’ils sont musicaux.

Proche de l’esprit d’un Hokusai quand il déclare en substance :

« A 20 ans je saurai dessiner un homme, à 30 ans un bœuf, à 40 ans un arbre, à 80 ans un simple brin d’herbe balancé par le vent ».


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Après 1994 « Les objets silencieux » et « les papiers colorés, découpés et recollés » sont apparus, inspirés par la surinformation mensongère des médias.

Les tracés à l’encre de Chine sur papier de soie évoquent la fragilité des individus, fantômes d’eux-mêmes, taches noires, trous dans le blanc du papier.

Les portraits aux traits noirs sont les portraits des « invisibles », ceux qui furent et restent malgré leur départ. La mort ne sépare qu’en apparence…

Les scènes bibliques que l’ont retrouve dans certains petits carnets sont inspirées de l’espace scénique du jeu des comédiens au théâtre et des textes classiques.

Ces scènes d’un autre temps empreintes de spiritualité sont en réaction au mode de vie des grandes villes et des pays nantis gavés de tout.

Les dessins sont de plus en plus fouillés ou au contraire très épurés.

La figuration est partout présente.

Peut-être est-ce simplement une réaction face à la déshumanisation, au rouleau compresseur des valeurs matérielles.

On peut s’interroger sur l’avenir de la qualité des rapports humains gangrenés par le monde virtuel.

J’en arrive parfois à dessiner avec minutie, comme d’autres l’ont fait penché sur leurs enluminures au moyen-âge. Pendant que la course effrénée aux profits ouvre la voie au stress et à la frustration. Travailler lentement et être disponible à l’instant présent sans désir particulier m’est indispensable.

Faut-il le préciser, à partir de 1984, je ne peins plus que sur de grands rouleaux, dans des carnets ou des carnets accordéons, rarement sur toiles ou feuilles de papier séparées.

Ces supports à dérouler, feuilleter, tourner, ouvrir font tous appel à la mémoire.

Et cette mémoire sélective qui transforme le souvenir de la page tournée ou le déroulement des séquences successives comme fragments en mouvement, comme un spectacle pictural. Tel est le pari actuel de mon travail qui sûrement nourri par la vie subira encore bien d’autres évolutions imprévisibles.


Yvonne Cattier

Mai 2006

 

04.03.2010

Le Greenwich

 

"Au Greenwich ce sont les joueurs d'échecs attentifs et les joueurs de cartes nettement plus exubérants que je dessine...Tous passionnés."

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"Depuis 1989, un demi milliers de croquis couvrent les pages d'une dizaine de mes carnets Daler. J'en ai sélectionné 60... exposés ici. Ils témoignent tous de la concentration du public si particulier du Greenwich..."

"Les uns rédigent, les autres lisent, solitaires. Certains débattent dans toutes les langues, parfois aux accents indéfinissables.
Manifestement, on aime penser, écrire, dessiner au Greenwich la Babel cosmopolite de la rue des Chartreux."

"Mais je ne m'y rends plus...où donc s'est envolée l'âme de cette élégante taverne. Assez vaste pour abriter le silence et la concentration dus au respect des nombreux joueurs à ce jour dispersés..." 

 "La poésie s’en est allée avec l’odeur de nicotine et la passion des échecs."


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 Quelques croquis.

[Cliquez pour agrandir les images]

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Du 23 janvier au 21 février 2010

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23.05.2008

Dictionnaire des peintres belges

Yvonne Cattier dans le Dictionnaire des Peintres Belges

C'est ICI

01.05.2008

Des ânes

Papiers découpés et couleurs

30.04.2008

Le dormeur (carnet)

14.03.2008

Danse série 1

Danse série 2

13.03.2008

Danse 1

A blog

B blog

D blog

05.11.2007

AMBIANCE D'ATELIER

 

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16.07.2007

Danseuses

Dessiner vite et sans reprise les mouvements lents de la danseuse classique sur des rythmes musicaux.

 

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Extraits d'articles de presse

 

 

« Chez Yvonne Cattier, une peintre qui a l’air de couleur de source, née de l’inconscient. On l’assimilerait volontiers à quelque non pas « écriture » mais peinture automatique, à l’instar des exercices chers aux surréalistes. Mais à y regarder de plus près il y a là quelques constantes, une vision personnelle, un monde qui semble à la fois de terre et d’eau. Cela peut aussi se développer en un long rouleau de papier, déroulant non pas une histoire mais un climat : terre indéfinie où l’on distingue quelques silhouettes, quelques architectures dans la pluie et le vent. Pourquoi cela m’évoque-t-il certain fond basculé sous le ciel bas de Jérôme Bosch ».

 

Jean Cimaise

Le Drapeau Rouge 1989


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« Ce sont d’immenses paysages mentaux, tracés à l’eau et au vent, arrachés aux horizons lointains qui,  un peu partout, se disputent l’attention du spectateur. On dirait des récits sans épilogue et sans premières pages ».

 

Guy Gilsoul
Le Vif/Pourquoi pas ? 1989

Le Bourgeois Gentilhomme

Bourgeois Gentilhomme 1

 

 

Bourgeois Gentilhomme 2

 

 

                                                                                                                   

 

 

 

Bourgeois Gentilhomme 3

 

14.07.2007

Carnet (extrait)

 

23.03.2007

Forcer les portes

introduction bis

Chaque expression de mon travail est nourrie par des rencontres de personnes, de lieux, de cultures de climats multiples. Celles-ci se font toujours sans sélection, ni à priori.

Les bonheurs du hasard sont riches d'inspiration et de créativité.

J'ai toujours pensé que nous pouvions avoir accès à un inconscient collectif qui nous est inaccessible, si ce n'est par la voie d'un expression créative.

Nos apprentissages sont trop souvents scindées et nous prive de la conscience de ce qui nous est caché par une porte blindée.

La créativité, la peinture et le dessin forcent cette porte  vers l' universalité.

 

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La nécessité de peindre le rouleau

« Le voyage sur l’eau » pourrait se raconter comme suit :

 1985 - 1986

Un jour en route vers le sud tunisien, Chedli me montra de la fenêtre du car une tente berbère au loin, avec le chameau couché et quelques chèvres bondissant tout autour.

Il me dit : « Vous voyez, là il y a le BONHEUR »

Il vécut sous tente de sa naissance jusqu’à ses 18 ans, nomadisant dans le désert libyen avec sa famille errant ça et là au gré de possibles embauches pour travaux saisonniers.

Les beaux moments de sa vie se passèrent là, loin des villes, sécurisées par les vastes étendues traversées pas le vent et écrasées de soleil, à l’air libre la nuit sous une couverture étoilée.

D’origine arabe, de tradition musulmane, descendant de la lignée d’un Khalife (compagnon du prophète), sa famille émigra au 18ème siècle à Kairouan, ville sainte.

Ses ancêtres, jusqu’à la venue des Français possédaient des terres autour de la ville. Son aïeul remplissait le rôle d’àdel (sorte d’huissier). Nous allâmes identifier sa tombe dans ce cimetière d’une rare sobriété, le long des remparts.

Le lendemain, au bureau du cadastre nous retrouvions dans un registre du début du siècle, la trace de ses anciennes propriétés, écrite en français.

Au début du protectorat, sa famille se scinda en deux. Les plus radicaux gelèrent leurs biens plutôt que de les vendre sous la pression exercée et nomadisèrent.

L’autre branche se rangea du côté du protectorat.

Certains enrôlés dans l’armée ; obtinrent en compensation quelques terrains du côté de Gabès et une maison en ville.

L’histoire de sa famille renforçait sa fidélité à la tradition de ses origines.

Sans attaches de lieu, vulnérable confronté au monde moderne.

Les éléments de la nature sont sa vraie patrie.

Il fréquenta l’école irrégulièrement pendant trois ans.

De l’ensemble de sa vie, il parlait d’une voix de gorge sans émotion particulière, excepté quand il évoquait le mépris des citadins suscité par l’apparence de son extrême pauvreté.

La recherche d’un travail le mena au port de Tunis.

Recruté sur un bateau de pêche, il passait des nuits, seul éveillé, aux commandes du gouvernail.

Il me dit n’avoir jamais eu peur sur la mer, même par très gros temps.

L’ensemble du rouleau transcrit les souvenirs d’une vie qu’il m’a donnée à connaître.

Tant ils me semblaient transparents, je les ai symbolisés par l’eau, la mer.

Solitaire d’abord dans une barque, croisant ensuite de grands navires paresseux, flottant dans la quiétude d’une mer d’huile, passager d’un cargo bondé, essuyant des tempêtes, pêcheur à la ligne sur un léger rafiot.

Et de s’ébattre par temps clair…

La dernière séquence est l’homme mémoire, diaphane, retournant dans son passé à la nage.

L’homme jamais exilé de la conscience d’une dignité humaine partagée.

 

Yvonne Cattier  Bruxelles, Août 2001

Le Voyage sur l’eau

Lavis sur papier, 75m x 1,5m, à voir en déroulement continu.

Don de Madame Louis Delevoy au Musée de Louvain-La-Neuve en 2004.

 

 

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